L'opposition chez l'enfant de deux ans
Pourquoi l'enfant s'oppose
Déjà vers 8 mois, l’enfant comprend le « non » puis un peu plus tard le geste de « non ».
Ce n’est qu’à l’âge de 2 ans qu’il se trouve au stade du personnalisme, c’est-à-dire qu’il va forger et construire sa personnalité et le « non » va apparaître.
À 2 ans, le but de l’enfant est de favoriser son autonomie pour aller vers l’indépendance, c’est la construction du « moi ». Le stade du « non » montre qu’il a le sens de la possession et a une volonté de maîtrise de l’autre et de son environnement : c’est l’affirmation de soi.
C’est dans cette même période que nous trouvons la phase « égocentrique », ce qui prenne c’est ce que lui a envie de faire. D’ailleurs, vers ses 3 ans, il va beaucoup réclamer de « faire tout seul ».
L’opposition et le « non » sont nécessaires au développement harmonieux de l’enfant car ils participent à l’individualisation et à la construction de son identité. L’enfant se perçoit désormais comme un individu à part entière avec sa propre pensée, le non lui permet d’exprimer ses désirs : sa personnalité se construit et il appréhende désormais les premiers pas vers l’autonomie.
L’enfant souhaite savoir jusqu’où va cette autonomie, il la teste donc sans cesse pour expérimenter ses limites et son pouvoir. Il vit un conflit permanent entre l’autonomie et l’indépendance car ses propres désirs sont confrontés à la réalité (les règles et les limites). C’est dès cette période que le rôle des limites et des règles va avoir toute son importance.
Comment gérer cette opposition : le rôle des parents
L’enfant de lui-même n’établit pas les limites, il ne sait pas ce qu’il a le droit de faire ou pas, ni jusqu’où il peut aller. Il a un but et utilise tous les moyens pour l’obtenir (avoir sa tétine, prendre le jeu du copain…). En s’opposant, l’enfant recherche et teste les limites : il cherche ce qu’il a le droit de faire et de ne pas faire et teste la fiabilité de ses parents.
Le rôle de l’environnement de l’enfant (la maison et le lieu d’accueil) est de définir les valeurs, les lois morales à respecter. L’adulte doit expliquer à l’enfant la légitimité ou l’illégitimité de telle ou telle action : le « surmoi » va se constituer de ces règles.
Si aucune personne de l’environnement ne tient tête à l’enfant, il se retrouve livré à lui-même avec un sentiment de toute-puissance qui peut être angoissant. Cependant, on peut respecter son droit d’exprimer son désaccord, de prendre des initiatives, mais dans le fond, l’adulte ne doit pas fléchir, l’enfant est encore très dépendant de son parent et a besoin d’être guidé, avec douceur maisfermeté.
Les limites doivent être exprimées de manière cohérente et doivent être rassurantes pour l’enfant. Cohérence entre les parents eux-mêmes mais aussi entre la maison et le lieu d’accueil, la fiabilité va rassurer l’enfant. Le comportement du parent doit être ferme (marquez une différence de ton dans votre voix) et catégorique dans ses décisions, sans nécessité de crier ou de se mettre en colère, il doit montrer qu’il maîtrise la situation : l’enfant va ainsi petit-à-petit comprendre le rôle qu’il tient ainsi que celui de son parent.
Lorsque l’enfant s’oppose, il est nécessaire d’instaurer un dialogue : parler dece qu’il s’est passé, comprendre pourquoi il s’est mis en colère mais qu’il n’est pas tout seul, qu’il n’est plus un bébé et doit apprendre à vivre avec les autres. Dans le dialogue, il faut être vigilant sur les mots utilisés « tu as été méchant » par exemple, ces formules blessantes l’enferment dans une attitude ; privilégiez plus les formules « je ne suis pas d’accord avec ton comportement » par exemple ; des adjectifs qui qualifient son comportement ou son geste mais jamais lui directement.
Durant l’opposition, vous pouvez transformez la situation en jeu : s’il ne veut pas mettre son manteau, « la petite manche cherche la petite main ! » par exemple. Il est important aussi que le « non »s oit suivi d’explications : pourquoi c’est interdit, mais aussi qu’il soit suivi de permissions : « tu n’as pas le droit de faire ça, en revanche tu peux faire ça »
Enfin, verbalisez et anticipez : s’il joue et que vous allez devoir lui demander d’arrêter de jouer, prévenez-le, « On va bientôt ranger, fini ton jeu, je reviens te voir » par exemple. S’il y a opposition, vous avez, dans tous les cas, joué votre rôle, « je t’ai prévenu, on ne discute pas ».
Dans cette étape du développement, l’enfant découvre cette dépendance qui lui donne envie de s’opposer mais qui l’effraie aussi car c’est quelque chose de nouveau et il ne sait pas jusqu’où il peut aller. Pour les parents, c’est une étape paradoxale, car cela nous semble toujours contradictoire de se dire ‘j’aide mon enfant en lui imposant des règles’. Mais pourtant, lui poser des interdits est dans son intérêt, il va voir que vous êtes fiable, que vous êtes capable de dire ‘oui’ mais aussi de dire ‘non’: il va prendre confiance en vous.
Sources:
Cours IFSI et IFEN